Les traditions dans la boxe Thaïe

Le salut typique les mains jointes (wai) ! Symbole de disponibilité mais aussi de fermeté inébranlable, que les gens effectuent en se croisant dans la rue. Exactement comme le font les boxeurs leur entrée dans l’aire de combat illustre la gentillesse et la détermination qui caractérisent le pratiquant de boxe thaïe.

Des gains financiers en perspective pour les combattants

Tout en conservant les caractéristiques techniques de base, la boxe thaïe a su s’adapter aux exigences des milieux où elle a été exportée. Malgré les nombreuses réunions amateurs , la boxe thaïe demeure en Thaïlande un sport purement de compétition. A l’occasion desquelles les athlètes portent des casques et des plastrons. Elle offre chaque année à des centaines de jeunes la possibilité d’accroitre leur niveau de vie en gagnant des sommes considérables en récompense d’un engagement profond.

Les jeunes qui fréquentent les camps de Bangkok, de Pattaya, de Phuket, de Chiangmai et de cent autres petites villes vivent en effet au centre d’entrainement dont ils assurent l’entretien en contrepartie du vivre, du couvert et des cours. L’expérience de la boxe thaïe s’avère donc très contraignante pour l’élève qui fait partie d’une communauté comme d’un véritable pensionnat. La composante spirituelle (voire superstitieuse, serait-on tenté de dire) de la discipline l’oblige en outre à se soumettre à de nombreux rituels et pratiques mystiques.

La boxe Thaïe en occident

En Occident, où la boxe a elle aussi du mal à découvrir de nouveaux talents, la situation est très différente. Chez nous, effectivement, les conditions de vie sont nettement meilleures. Il est par conséquent normal qu’il y ait moins d’athlètes se fixant pour objectif de devenir des professionnels dans un sport où l’on se frappe en plein-contact avec toutes les parties du corps. À cela vient s’ajouter le fait que les gains des athlètes les défraient généralement tout juste de leurs dépenses… Vouloir que cette discipline passe au rang du professionnalisme relève alors de l’utopie. En Europe, surtout aux Pays-Bas, en France et en Grande-Bretagne, il existe néanmoins des circuits professionnels supportés par des sponsors et des passages à la télévision. Ils garantissent la possibilité d’organiser des réunions financièrement très intéressantes pour les boxeurs.

Beaucoup d’appelés, peu d’élus !

Mais même ainsi, et à l’instar de ce qui se produit pour la boxe professionnelle, rares sont les athlètes qui peuvent affirmer vivre exclusivement du muay thaï. Au mois de janvier 1995, Paris a accueilli l’un des tournois les plus captivants qu’il nous ait été donné de voir… Avec à la clé une récompense impressionnante. Organisé en grande pompe par Sami Kebchi au Palais Omnisports de Paris-Bercy, avec des diffusions en direct sur Canal+, ce « Tournoi de 100 000 dollars » a rassemblé un public de treize mille personnes, qui ont pu assister à un spectacle de boxe thaïe vraiment magnifique.

Cependant seul le vainqueur, Rob Kaman (une légende chez les professionnels de ce sport) a perçu une grosse somme (les cent mille dollars en question). Les autres participants ont dû se contenter du remboursement, même généreux, de leurs frais. Il est vrai que les athlètes briguant un titre mondial de boxe thaïe peuvent gagner des montants confortables… Mais l’immense majorité des boxeurs engagés dans des réunions de moindre importance ne montent sûrement pas sur le ring pour l’argent.

La diffusion de la boxe Thaïe dans les gymnases

En résumé, la boxe thaïe est encore pour diverses raisons un sport qui se pratique par passion en Occident. A commencer par la possibilité de gagner convenablement sa vie de manière moins dangereuse. Et la passion a rempli les gymnases d’une foule de pratiquants qui exercent d’autres activités. Mais ils ne peuvent consacrer que deux ou trois heures par semaine à leur sport favori. Passer beaucoup de temps dans une salle de boxe et taper sur un sac de frappe pendant des heures, n’est pas toujours du goût de tous les amateurs de cette pratique. Cette nouvelle catégorie d’adeptes a entrainé quelques changements dans la façon de concevoir la discipline.

Le camp d’entraînement est devenu un gym. Ce gymnase est considéré comme un club sportif où l’on se rend seulement en des occasions spécifiques… Et certainement pas avec l’idée de faire partie d’une confrérie.

L’engagement personnel en boxe

Et bien que par rapport à d’autres sports, la boxe thaïe implique un engagement beaucoup plus complet de la part du pratiquant… La composante mystique et les méthodes d’enseignement ont elles aussi changé. Ceci met en relief une différence supplémentaire entre la boxe thaïe traditionnelle et son évolution… vers l’amateurisme. Le professionnel qui monte sur le ring pour disputer un match de cinq reprises de trois minutes en plein-contact s’entraine dans un objectif primordial… L’efficacité.

On a constaté à ce niveau que le muay thaï se concentre sur un petit nombre de mouvements. Ils sont exécutés avec puissance et rapidité. Quand l’efficacité prime, toute acrobatie technique devient superflue. Il existe, certes, des athlètes au style spectaculaire et chorégraphique. Mais la majeure partie des boxeurs s’entrainent, et donc combattent, selon des critères qui privilégient l’acquisition d’automatismes simples à appliquer… Comparé aux virtuosités techniques sans aucune influence sur le jugement de compétition.